Travail, salaire, profit, une série sur Arte coréalisée par Bertrand Rothé, enseignant à l’IUT de Cergy-Pontoise

Bertrand Rothé, enseignant à l’IUT de Cergy-Pontoise, vient de coréaliser un documentaire de six heures sur l’économie. Diffusé mardi 15 octobre à 20h45 sur Arte, il sera ensuite accessible sur les différents supports internet de la chaîne pendant soixante jours.


Gérard Mordillat et Bertrand Rothé
 
Diffusion à partir du 15 octobre à 20h45 sur Arte

Dans la série documentaire "Travail, salaire, profit", Gérard Mordillat et Bertrand Rothé interrogent 21 chercheurs d’Europe, des États-Unis, de Chine et d’Afrique sur les concepts fondamentaux de l’économie : le travail, l’emploi, le salaire, le capital, le profit et le marché.

Entretien avec Bertrand Rothé

Quels liens y-t-il entre votre travail de documentariste et votre métier d’enseignant ?

J’en vois trois. Tout d’abord, ma démarche est une démarche pédagogique. J’aime réfléchir à la façon de transmettre. Cela m’occupe beaucoup à l’IUT avec Yann Albert un autre enseignant de l’IUT et mon sparring-partner sur le sujet. Nous en parlons constamment. C’est un art difficile que d’accrocher l’intérêt de nos étudiants. C’est à la fois une question de présentation, un choix des rythmes, une construction narrative particulière. Un bon cours comme un film cela se construit, avec ses anecdotes, ses parties théoriques, ses moments de détente…

Vient ensuite, et là j’associe Gérard Mordillat mon coréalisateur à l’idée, le choix de l’intelligence. Pendant six heures nous montrons de l’intelligence, des intelligences. Un peu de la même façon que dans un match de football on regarde des sportifs, on découvre leur génie du ballon, l’art du positionnement sur le terrain… Ici nous montrons des chercheurs en train de réfléchir à voix haute. Les téléspectateurs peuvent voir des enseignants de très hauts niveaux qui ont consacré une partie importante de leur vie à un sujet qui expliquent leur savoir. C’est aussi beau qu’un match de football. 

Enfin, j’ai souhaité que notre université soit associée à cette série. Gabriel Desgranges a été consulté pour la rédaction des hypothèses, sur le plan. Il nous a conseillé sur le choix des intervenants et deux jeunes chercheurs de l’université de Cergy-Pontoise ont été retenus parmi les 21 que vous verrez à l’écran. Béatrice Cherrier nous éclaire sur les points de vue sur la science économique et historienne des idées. Yann Giraud nous explique les racines néo libérales de la crise que nous vivons. 

Comment fait-on un documentaire ?

Ce travail est une œuvre collective, elle associe deux réalisateurs : Gérard Mordillat et moi, un producteur Denis Freyd et la chaîne Arte représentée par Fabrice Puchault et Mark Edwards.

Il a fallu d’abord présenter le concept à la chaîne et négocier le contrat, cela a pris six mois. Ensuite nous avons eu un contrat de développement qui nous a permis de travailler notre idée. Nous avons rencontré une centaine de chercheurs pendant un an et mis en place le protocole de questions et d’hypothèses avec lequel nous allions travailler, c’est là où est intervenu Gabriel Desgranges.

Le tournage a duré un mois. Les chercheurs sont venus en studio et nous leur avons demandé de réfléchir face caméra pendant quatre ou huit heures de rang.

Le montage a duré 5 mois. La postproduction quatre mois. En tout cela a pris trois ans, trois ans de travail en plus de mes cours et de la joie de rencontrer mes étudiants.