Christophe MIMEUR

Christophe MIMEUR enseigne les transports urbains et inter-urbains, la géographie des échanges et l'économie des transports aux étudiants du département Gestion logistique et transport de l'IUT. Après une thèse sur la croissance du réseau ferroviaire français et ses liens avec les trajectoires démographiques entre 1860 et 1930, il devient maître de conférence à l'IUT de Cergy-Pontoise. Il effectue ses travaux de recherche au sein du laboratoire MRTE (Mobilité, réseaux, territoire, environnement).

Que voit on sur cette image ?

Sur cette photo, je vous présente un support de recherche que je compte exploiter au cours des prochaines années : les indicateurs horaires de la SNCF de 1968 à aujourd'hui. Chaque volume représente 6 mois. Celui présenté ici concerne l'hiver 1970. Ces livres sont un don de l'association Rails et histoire, qui soutient les recherches académiques portant sur les réseaux.

A partir de ces livres, je souhaite constituer une base de données numérique qui regroupe l'ensemble des services ferroviaires pour retracer l’histoire des dessertes : évolution de la fréquence des passages, espacement entre les arrêts, disparition ou complexification des itinéraires, etc.

Mon approche est géo-historique : j'étudie l'évolution des services ferroviaires et leur impact sur les territoires à un moment donné. Cette étude permettra de comprendre comment les réseaux de transport peuvent impacter les dynamiques territoriales.

Comment vos recherches influencent-elles vos enseignements à l’IUT ?

Je propose par exemple aux étudiants du département GLT des projets tuteurés sur l’historique du réseau ferroviaire et sur l’exploitation ferroviaire. L'un d'eux a porté sur la visite du centre qui gère la gestion quotidienne des circulations du Transilien en gare du Nord.

En cours je fais travailler mes étudiants sur la desserte fine des territoires car c'est un sujet d’actualité. Je leur parle des expériences en région dans le cadre d’études de comportement en mobilité et dans le cadre plus large de l’ouverture prochaine à la concurrence.

Votre vision de la recherche dans 30 ans ?

La problématique de l’interaction réseau-territoire est permanente et elle alimente toujours l’actualité. Est-ce que les transports apportent une dynamique aux territoires ou est-ce que le transport va là où il y a davantage de dynamique ?

Par ailleurs, de nouvelles questions émergent : l'arrivée de la concurrence dans le ferroviaire, l'utilisation du numérique ou l'apparition de nouveaux comportements de mobilité  vont alimenter les questionnements de demain. On voit déjà que l'émergence de la mobilité durable renouvelle notre façon d'envisager le transport, dans son appropriation par la population par exemple. Comment se déplacera-t-on en ville demain ? Est-ce que l’on va plus ou moins se déplacer ? Jusqu’où vont aller les innovations technologiques ?

Dans 30 ans il y aura toujours des sujets de recherche dans le domaine du transport et de la mobilité.