Patrick DI MARTINO

Patrick DI MARTINO enseigne la Microbiologie aux étudiants du département Génie biologique de l'IUT. Il a enseigné à l'IUT de Clermont-Ferrand avant de devenir maître de conférence à l'UFR Sciences et techniques de l'université de Cergy-Pontoise, puis professeur des universités à l'IUT de Cergy-Pontoise. C'est à cette époque qu'il a activement participé à la création du département Génie biologique de l'IUT qui a ouvert en 2008. Il continue ses recherches au laboratoire Errmece (Équipe de recherche sur les relations matrice extracellulaire-cellule).

Que voit on sur cette image ?

Cette photo a été prise lors d'une visite du département de biologie avec Laura BRUNO, professeure en Biologie végétale au département de biologie à l’université de Rome. Elle est spécialisée dans la recherche sur les algues (biocarburants, cosmétiques, produits bio-actifs).

Ensemble, nous avons mis en place un partenariat de recherche sur la lutte contre le développement des micro-algues sur les monuments historiques et différents objets du patrimoine.

Les flacons de différentes couleurs que l'on peut voir sont des cultures d'algues in vitro. Ils représentent la gamme de couleurs visible en cas de salissure sur les monuments (vert, brun, noir). Jusqu'ici, pour éradiquer ces micro-algues, les professionnels répandaient des biocides qui sont des produits chimiques toxiques pour les êtres vivants et l'environnement.

Le partenariat de recherche avec l'université de Rome a pour objectif de formuler de nouveaux produits à partir de molécules extraites de micro-organismes capables de tuer les algues. Nous nous inspirons de la nature pour créer des produits naturels efficaces.

Pour cela, nous avons l'appui du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LMRH) de Champs-sur-Marne. La recherche se fait grâce à la collaboration de plusieurs acteurs : laboratoires de recherche, professionnels, industriels, etc.

Comment vos recherches influencent elles vos enseignements à l’IUT ?

J'aime les sciences appliquées car elles ont un impact sociétal. Je mets régulièrement à jour mes enseignements en les illustrant par de nouvelles découvertes, de nouvelles inventions et de nouveaux produits mis en application dans le monde réel.

Je fais travailler mes étudiants sur des articles scientifiques en anglais en lien avec mes activités de recherche : cela leur plait beaucoup.

Lorsqu'il y a des partenariats internationaux de recherche, j'essaie de développer des collaborations d'études à l'étranger (stages et semestres). Les universités de Rome et Milan, partenaires de l'université de Cergy-Pontoise en recherche et en enseignement, accueillent ainsi des stagiaires de DUT GB

Lors du voyage d'études à Stockholm qui s'est déroulé en janvier 2019, un groupe d'étudiants a rencontré une équipe de recherche dans le cadre de leur projet tuteuré. Leur projet portait sur la résistance de certaines bactéries aux antibiotiques en fonction du régime alimentaire et des prises médicamenteuses. Cette expérience leur a apporté une ouverture scientifique à l’international.

Votre vision de la recherche dans 30 ans ?

Dans les années à venir, je vais étendre mes recherches à la préservation et à la durabilité des matériaux de construction. Je suis convaincu que le développement durable est un axe de recherche d'avenir. Il faudra remplacer les molécules toxiques et artificielles des biocides par des molécules naturelles, sans perdre en efficacité.

La recherche se concentrera sur la valorisation de molécules actives en conditions extrêmes, extraites des océans et des déserts. Les chercheurs devront s'inspirer du vivant et de la nature pour développer de nouveaux matériaux, de nouveaux produits pour préserver les matériaux. Par exemple, au laboratoire Errmece, des chercheurs travaillent sur des bio-colles issues de molécules extraites de toiles d'araignées et de coquillages qui adhèrent aux rochers. Ces bio-colles pourraient être utilisées en chirurgie pour remplacer les points de suture.